En automne, les gens passent leur temps à se plaindre de la mauvaise météo, ou des
feuilles couvrant le jardin qu'ils devront ramasser plus tard, ou encore à rechigner sur leurs maux divers. Tom Alexsson, lui, imaginait comment il gagnerait en pouvoir avant l'hiver. C'était un
homme assez grand aux cheveux châtains clairs qu'il laissait pendre sur les smokings blancs ou beiges qu'il avait l'habitude de porter. Ses lunettes antireflets en demi-lune cachaient
efficacement ses yeux orange mât, cause de la greffe de cœur qui lui avait permise de revenir de la troisième guerre mondiale. Dans la vie, Tom était président de la république d' Alexon, une île
située au sud de l'Afrique qu'il a lui même découverte à l'aide des plans hérités de son grand-père qui cherchait deséspèremment à rentrer dans l'histoire. Par contre il ne se serait jamais
attendu à ce que son petit fils devienne un héros historique grâce à lui. D'autant plus que Tom s'était décidé à accomplir un acte irrémédiable dans les mois qui suivirent, même si cela
signifiait qu'il ne serait plus un grand homme politique aux yeux du monde. M Alexsson, comme à son habitude alla au café du coin, le Flat-Bar, le seul où il allait, vu que par une petite
entourloupe a la taxe d'habitation de sa part en faveur du patron du café, toutes ses consommations y étaient gratuites. Il commanda son café rituel, le but rapidement, en commanda un autre, plus
fort, et l'emporta. Il marchait d'un pas lent satisfait puis un homme l'interpella à la sortie. Son interlocuteur était un homme grand, mince, habillé d'un smoking noir, le visage dissimulée sous
une capuche, noire aussi, et avait l'air nerveux. D'un geste méfiant, Tom se retourna et glissa sa main dans sa veste, comme pour en sortir quelque objet inconnu. L'autre commença à avancer,
laissant le président derrière lui.
"Qu'est tu me veux face de hareng ?" cria Tom dans son dos.
"Suis moi et calme-toi, la réussite de ton objectif secret en dépend." répondit
l'autre calmement, tout en continuant d'avancer. Tom, à la fois intrigué et inquiet, suivit l'homme avec précaution jusqu'à un hangar en bord d'océan. Il entra après l'homme en noir par la porte
de côté et contempla avec satisfaction une armée de cinq cent mille hommes. Ils se tenaient en rangs, au garde à vous face à l'immensité bleue qu'était l'océan, prêts à embarquer pour le bien du
pays. Tom dissimulait toujours un objet mystérieux dans la poche intérieure de la veste. Il s'approcha de l'homme qui l'avait mené jusqu'à là et lui tendit la main, la sortant enfin de sa poche.
Il dissimulait toujours l'objet, dans sa manche.
" D'abord, je veux être sûr. Est-ce que ces troupes m'appartiennent ?
"
L'homme en noir soupira.
" Bien sûr, elles vous appartiennent désormais dans leur intégralité et vous êtes
le seul qui puisse les commander maintenant. Alors, satisfait ? "
" Qui d'autre connait mon secret, je veux savoir. "
" Je ne peux bien sûr pas vous divulguer ces informations, il ne m'appar...
"
" Vous me le dites ou vous sortirez pas d'ici sur vos deux pieds." coupa
Tom.
L'autre eut d'abord l'air surpris, puis se ravisa et obéit avec
résignation.
" Juste toutes les personnes bossant à Scythe Industries... " avoua-t-il
nerveusement.
Tom lui passa alors le contenu de sa main, une liasse de cartes de
visite.
" Prenez en une et donnez en une à chaque personne, je dis bien à chaque personne
qui connait mon secret. Je veux qu'ils puissent me joindre où qu'ils soient s'ils ont de l'aide à me proposer. Vous comprenez, je préfère que toutes les personnes au courant soient des alliés
plutôt que des ennemis. "
L'autre réfléchit, puis décida qu'il s'en tirait à bon compte et prit la
liasse.
" Vous pouvez compter sur moi. " dit-il avec un sourire.
L'homme en noir, tentant de lier un contact amical, ajouta:
" Moi c'est Georges... "
" Et ta sœur c'est comment ? "
" Elle est morte monsieur mais comment saviez vous que...
" C'était une insulte... Laissez tomber." s'exaspéra-t-il " Je veux que vous
disposiez, et que vous reveniez demain à la première heure. Je vous exposerai la suite des actions, je veux que vous soyiez un de mes principaux collaborateurs Georges."
Puis ce dernier partit sans demander son reste. Tom sourit triomphalement. Il
avait ingénieusement réussi à piéger le dénommé Georges mais aussi tous ceux qui connaissaient son secret. Les cartes étaient piégées, préparées en laboratoire à l'avance, elles étaient munies
d'explosifs en dérivation. Il suffisait à Tom d'appuyer sur un bouton de sa montre et les cartes exploseraient simultanément. Il ordonna donc à ses troupes de se disperser, et d'être de retour
armé à la première heure du lendemain. Il passa le reste de sa journée à revoir et vérifier ses projets et il alla se coucher heureux que les évènements tournent au mieux pour son
plan.
L'aube s'était déclaré depuis vingt minutes quand la porte s'ouvrit enfin. L'homme
en noir de la veille, ou Georges, n'était pas seul. Un homme de très grande taille, bâti comme un bœuf, et ne portait pas de haut. Il portait un bandeau rouge entourant son crâne chauve au niveau
du front et un pantalon de karatéka.
" Mon garde du corps a refusé de me laisser venir seul, il est convaincu que vous
m'avez tendu un piège ! Non mais quelle idée farfelue ! Après tout, si vous en vouliez à ma vie, vous m'auriez descendu hier soir! " s'exclama Georges en riant de bonne
grâce.
" Bon nous allons pouvoir commencer, messieurs si vous voulez bien. " dit-il
joyeusement en s'adressant non pas à son interlocuteur mais à son armée. Il s'écarta prestement et alla se placer à l'abri des coups de feu. Quand il ressortit de sa cachette quelques secondes et
beaucoup de balles plus tard il fut largement satisfait de pouvoir contempler les corps gisant sans vie des deux retardataires. Les opérations pouvaient enfin commencer. Il hurla donc avec joie
:
" Les déplacements tactiques commencent
maintenant ! Déploiement ! "
Ce jour-là, dans la plus grande discrétion, plus de six mille hommes armés de
mitrailleuses lourdes, de grenades à plasma, de la dernière technologie «Mad WarFare»et d'autres équipements de haute technologie leur permettant d'éradiquer tout sur leur passage. Ces hommes
étaient donc en train de s'aligner dans des conteneurs qui accueillaient chacun plus d'une centaine hommes. Il y en avait en tout au moins deux cent qui allaient tous partir pour l'Afrique au
travers de la gigantesque étendue bleu de l'océan Atlantique. Dans moins de deux semaine, tous ces conteneurs devaient être livrés en Afrique puis dispersés sur le continent à l'aide de poids
lourds déjà en direction de la côte pour emporter au travers du désert deux de ces boites métalliques pleines de soldats prêts à l'attaque en tout lieu et à tout moment pour le bon fonctionnement
du développement vers l'objectif principal établit par M. Alexsson. En ce qui le concerne, justement, il avait une réunion pour éclaircir un problème rencontré par le fournisseur de chars
d'assaut officiel de l'état. Il entra donc dans le Flat-bar où il rencontra un homme assez grand au cheveux longs et blonds qui tremblait comme s'il avait peur de quelqu'un ou de quelque chose
qu'il allait devoir affronter dans les heures voir les minutes suivantes. Lorsqu'il vit Tom entrer, l'on aurait cru qu'il allait faire une attaque. Discrètement, l'homme frissonnant fit signe de
venir s'asseoir à sa table dans l'angle de la salle. Le grand homme politique approcha donc et s'assit en face de l'autre homme avant de lui dire:«Quel est le problème? C'est l'argent... n'est-ce
pas?...Oui...c'est bien ça...Je savais bien qu'un jour cela arriverait.»l'autre ne répondant toujours pas, ne comprit pas que par ses tremblements il risquait la mort à coup sur. Lorsque Tom
Alexsson comprit qu'il n'aurait absolument aucune info de la part de cet homme. Alors, doucement, il sorti un calibre cinq et un chargeur plein qu'il assembla avec délicatesse puis y ajouta un
canon silencieux. Il lui visa ensuite la tempe droite en lui disant: « Si tu ne me dit pas tout de suite ce que je veux savoir, je te crève sale fils de chienne! Tu m'entends bien?! Je te crève!
» Sur ce, l'homme tremblant de tout côtés se ressaisi et toujours en tremblant un petit peu lui dit à voix basse: « On...on a...on a un problème...On...on a pas pu...on a pas pu en rassembler
assez. Je...je vous pris de...de bien vouloir nous en excuser Me...Monsieur le...le Président. » Sur ce, M. Alexsson lui décocha une balle silencieuse dans le front.
« Crève en silence » lui chuchota-t-il en lui couvrant la bouche par sa main
droite.
Lorsque Toutes les unités parties pour l'Afrique furent discrètement placées, Tom
reçut un appel:
« -Allô! Monsieur le Président ?
-Oui.
-Ici le colonel Argsenaschnider de la base aéronavale de Centavos dans le sud de
l'Afrique.
-Que me vaut l'honneur?
-Ce serait pour savoir si vous avez autorisé un quelconque essai militaire près de
nos côtes.
-Pour quelles raison aurais-je donc bien fait cela alors que j'ai mes propres
côtes pour ce faire?
-Je ne sais pas mais en tout cas les hommes que l'on a attrapé en train de
cambrioler une boutique de bord de mer nous prouve grâce à leurs uniformes qu'ils sont bien de chez vous.